Pleins feux sur Sarkozy
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"Je n'ai nullement demandé à ce que soient remis en cause les fondements de la loi de 1905. (...) Est-il si étrange de vouloir adapter une loi vieille d'un siècle et votée alors qu'il n'y avait pas de musulmans en France ?", interroge le ministre de l'économie de manière un peu contradictoire, dans un entretien au Figaro, publié lundi 15 novembre.

"APPRENTIS-SORCIERS" 

Au futur patron de l'UMP qui estime qu'"il y a des territoires et des catégories de Français qui cumulent sur leur tête tant de handicaps que, si on ne les aide pas plus que les autres, ils ne pourront pas s'en sortir", Jacques Chirac a répondu "Je ne suis pas favorable à la discrimination positive. Car c'est le quota, et cela crée forcément l'injustice et le mécontentement".
En outre, sur la loi de 1905 que M. Sarkozy souhaite voir évoluer pour l'adapter à la nouvelle donne que constitue l'installation de la religion musulmane en France, le président de la République adopte l'attitude inverse. "Je suis contre une révision de la loi de 1905. La laïcité est le pilier de notre temple républicain", a souligné le chef de l'Etat. Le congrès du Parti radical qui s'est tenu samedi 13 et dimanche 14 novembre à Saint-Etienne (Loire) a vu éclore une offensive anti-Sarkozy, en l'absence du ministre qui avait finalement rebroussé chemin pour des "rendez-vous impératifs".

Jean-Pierre Raffarin a, lui, fustigé les "apprentis-sorciers" qui "pourraient, en revenant sur la loi de 1905, déséquilibrer ce qu'est aujourd'hui l'organisation même de notre République".

Source : AFP et Le Monde du 15/11/2004

Sarkozy défend le modèle américain

Une grande partie du modèle que défend Nicolas Sarkozy, c'est le modèle américain. Or le modèle que je défends, moi, c'est le modèle européen. Il y a une différence très importante de société, de principes et d'histoire entre ces deux modèles. J'ai l'intention de défendre, mieux, de bâtir le modèle européen.

Quand vous entendez Nicolas Sarkozy dire que la République et la religion sont "complémentaires", vous pensez qu'il s'engage sur une voie dangereuse ?

Je n'emploierai pas ce genre d'expression. Nicolas Sarkozy dit, grosso modo, qu'il faut favoriser l'islam dans les banlieues pour éviter un certain nombre de désordres. Moi qui suis chrétien, et même pratiquant, ce n'est pas du tout mon approche. Le fait spirituel est là parce qu'un très grand nombre d'entre nous ont des attentes qui dépassent les attentes matérielles. Il n'est pas là parce que l'Etat aurait besoin de trouver un complément qui fasse que les gens se tiennent tranquilles. Le fait spirituel, ce n'est pas l'opium du peuple, pour reprendre la formule de Marx.

Source : François Bayrou, au Grand Jury RTL-Le Monde-LCI

Le doute de Sarkozy

Après une période d'observation, l'Elysée a donc décidé de passer à l'attaque et d'engager ce qu'Alain Madelin avait prophétisé il y a quelques semaines, un «combat impitoyable» autour de la présidence de l'UMP, combat qui a débuté avec la nomination d'un proche de Jacques Chirac au poste de préfet de police de Paris alors que Nicolas Sarkozy désirait placer un des ses fidèles, et qui s'est poursuivi notamment avec l'attaque en règle lancée depuis Marseille sur deux sujets récemment mis en avant par le futur président de l'UMP : la loi de 1905 et la discrimination positive. Sur ces deux questions, Jacques Chirac, selon ses proches, aurait simplement dit ce qu'il pense et qui relève «du fondement de ses responsabilités», alors que pour les sarkozystes, et c'est plus vraisemblable, en prenant l'exact contre-pied de son ministre de l'Economie, le président lui a tout simplement rappelé sa conception de la hiérarchie au sein de la majorité, conception qu'il avait été résumé le 14 juillet dernier par un : «Je décide, il exécute».L'homme qui souhaite combattre le fatalisme de la pensée unique se voit ainsi ramené à des réalités plus cruelles. Et sa façon de se poser en victime des chiraquiens nous amène à nous interroger pour savoir si les audaces, les coups et annonces répétés de ces dernières années ne cacheraient pas un doute, l'inquiétude de ne pas y arriver, de ne pas pouvoir tenir la distance face a des amis-adversaires qui déploient désormais beaucoup d'énergie pour s'organiser au risque de faire voler en éclat l'UMP. Et si finalement c'était le calcul, celui de le laisser s'emparer d'une coquille quelque peu vidée de son contenue, un parti conçu pour être la courroie de transmission du président en place et qui aujourd'hui, par la grâce d'un vote, risque bien de devenir la rampe de lancement d'un nouveau président.
Source : Patrice Biancone, éditorial politique sur RFI, mardi 16/11/2004
Ecrit par ProfSES, le Mardi 16 Novembre 2004, 18:38 dans la rubrique à suivre.